Développer son éloquence dans un milieu professionnel masculin : les femmes au défi de la sur-performance
- Joseph Rottner - inventiO

- 17 mars
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 mars
Une majorité des personnes en milieu professionnel qui s'adressent à moi pour travailler leur éloquence sont des femmes, souvent jeunes mais pas seulement : elles font face à des comportements et des diktats plutôt masculins. Elles cherchent à se défaire du qu'en-dira-t-on, du sexisme ambiant encore bien présent, de leurs maladresses ou de leur timidité — souvent induites culturellement par la domination masculine des mots. C'est un fait incontestable et historique.
J'apprécie particulièrement ces accompagnements. Souvent, ces femmes ne se trouvent pas assez intéressantes, ce qui est faux bien sûr.
Dernièrement, une jeune femme travaillant dans le secteur bancaire a trouvé dans notre travail les moyens de s'affirmer — auprès de ceux-là mêmes qui avaient cherché à la dissuader de s'inscrire à ma formation d'éloquence.
S'affirmer, oui, mais pas avec les moyens du virilisme. Elle a su trouver sa légitimité grâce à sa posture, sa voix mieux placée, et ses mots, ayant appris à débattre et à utiliser quelques moyens rhétoriques pour décocher ses flèches avec diplomatie. Car elle a développé une écoute de la manière dont on lui parlait, et a affronté ses doutes. Sans sur-adaptation. Elle m'a confié que ce travail l'avait transformée et qu'elle y avait puisé une immense confiance — au point de tenir tête à un cadre de direction de 60 ans en négociant un poste plus avantageux que ce qu'on lui proposait.
Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Récemment, un ingénieur de 63 ans m'a remercié : grâce à notre premier rendez-vous, il a enfin accepté la dimension féminine de sa voix. Cela change tout : plus besoin de forcer, la voix vient du ventre, trouve sa résonance au lieu de s'étrangler dans la gorge.
L'éloquence n'a pas de genre. Chez inventiO, chacun et chacune trouve sa voie — et sa voix.




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